Spinoza, une éthique "par-delà le bien et le mal" ? Commentaire de la préface du livre IV de l'Éthique
Dans son ouvrage intitulé L’Éthique , Baruch Spinoza détruit les repères des morales traditionnelles en affirmant que le bien et le mal ne sont pas des réalités objectives mais des « modes de penser ». Par là, l’auteur affirme que ces notions sont des fictions produites par l’homme à partir de comparaisons, elles ne disent rien de la nature des choses puisqu’elles n’expriment que le rapport que nous entretenons avec elle. Ce rapport dépend alors du rapport que nous entretenons avec la chose, il peut changer d’un homme à l’autre mais aussi pour un même homme selon l’état de ces affects. À partir de cette destruction, nous pouvons alors, à l’instar des thèses sceptiques, nous attendre à un abandon total de ces notions : pourtant, Spinoza affirme explicitement qu’il nous faut « conserver ces vocables ». En effet, dans cet extrait de la préface de la quatrième partie de l’Éthique , Spinoza vise une redéfinition complète du bien et du mal, il ne s’agit pas de les abandonner ma...