Fiche de lecture : Stéphanie Ruphy - Regards philosophiques sur la question de la démarcation entre science et non-science aujourd’hui


Regards philosophiques sur la question de la démarcation entre science et non-science aujourd’hui est un article épistémologique rédigé par la philosophe des sciences et professeure Stéphanie Ruphy. Son travail porte notamment sur les enjeux épistémologiques, méthodologiques et sociologiques liés à la science. Cette ancienne présidente de la Société de Philosophie des Sciences s’intéresse particulièrement aux implications de la démarcation entre science et non-science dans les domaines de la recherche, l’enseignement, le journalisme et dans la prise de décision publique. L’article de Ruphy s’inscrit dans un cadre contemporain où la science occupe une place centrale dans les décisions individuelles et collectives, tandis que le risque de désinformation est plus qu’élevé. L’existence de critères permettant de différencier la science de la non-science est essentielle à plusieurs domaines: dans le domaine médiatique, les journalistes doivent être en mesure de distinguer les informations scientifiques légitimes des opinions pseudo-scientifiques, notamment lorsqu’il s’agit de sujets tels que le réchauffement climatique ou la vaccination: dans le cas contraire on risque la désinformation de masse. Dans le domaine judiciaire, la distinction entre expertise scientifique et pseudo-science est également primordiale afin d’éviter des erreurs qui pourraient conduire à la condamnation d’un innocent. L’enjeu est tout aussi crucial dans le domaine éducatif où l’absence de démarcation claire risquerait de conduire à l’enseignement de connaissances erronées aux élèves (comme les théories complotistes platistes). Enfin, dans le domaine médical, il est aussi essentiel de différencier les traitements fondés sur des preuves scientifiques des croyances et pratiques qui relèvent davantage de la superstition au risque de nuire à la santé de nombreux patients . La question de la démarcation entre science et non-science s’avère par conséquent déterminante dans de nombreux domaines, comme l’affirme l’autrice : « L’utilité pratique de critères de démarcation opérationnels s’avère donc plus forte que jamais. ». Dans un monde où la prolifération des fausses informations remet en cause la confiance accordée aux savoirs scientifiques, cette question dépasse largement le cadre des débats académiques pour devenir un enjeu de société fondamental.


Résumé de l’article :


Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’autrice aborde la question de la démarcation entre science et non-science, en s’intéressant particulièrement à son importance dans les sociétés contemporaines. Elle répond à la problématique suivante: « Quelles ressources offre aujourd’hui la philosophie des sciences pour penser cette démarcation entre science et non-science et nous guider dans nos jugements et nos actions ? ». La démarcation entre science et non-science est la ligne, parfois floue et mouvante, qui distingue les disciplines fondées sur des méthodes rigoureuses et des critères de validation fiables (les sciences) de celles qui ne suivent pas ces exigences (les non-sciences). À travers cet écrit, elle examine les différents critères qui ont été avancés au fil de l’histoire des sciences pour établir cette ligne de démarcation  en d’autres termes, elle met en place une sorte d’état des lieux des ressources existantes. Dès lors, Stéphanie Ruphy s’interroge sur les outils philosophiques et sociologiques les plus adaptés pour procéder à cette distinction.  


Selon elle, l’unicité des critères épistémologiques traditionnels s’avère insuffisante pour définir ce qu’est la science. En effet, aucun critère unique ne permet de tracer une frontière satisfaisante entre science et non-science, car les pratiques scientifiques sont diverses et évoluent avec le temps. L’autrice défend ainsi l’efficacité d’une approche multicritères et pluraliste, qui prend en compte cette diversité et permet une distinction plus nuancée. Pour défendre cette approche, elle s’appuie sur quatre axes principaux. Tout d’abord, elle met en évidence l’insuffisance des critères épistémologiques classiques, en montrant qu’aucun d’eux ne permet de définir la science de manière universelle. Ensuite, elle souligne la richesse d’une approche pluraliste, qui reconnaît la diversité des styles de raisonnement scientifique et permet d’intégrer des disciplines aux méthodes variées. Puis, elle introduit l’analyse sociologique des frontières entre science et non-science afin de montrer que cette démarcation ne repose pas uniquement sur des critères internes aux sciences, mais aussi sur des facteurs institutionnels et sociaux. Enfin, elle met en avant la nécessité d’une approche évolutive, qui prend en compte le fait que la frontière entre science et non-science n’est pas figée, mais qu’elle se redéfinit à travers l’histoire et selon les contextes.  


En définitive, l’article de Ruphy met en lumière la complexité de la démarcation et propose une approche plus souple et pragmatique, qui dépasse la recherche d’un critère unique et intemporel pour définir la science.


L’article de Stéphanie Ruphy s’organise en quatre temps (hors introduction et conclusion) : 


1. Insuffisance des critères épistémologiques classiques 


Dans une première partie l’article met en avant l’insuffisance des critères épistémologiques classiques lorsqu’il s’agit de différencier science et non-science. Deux critères sont abordés à titre d’exemple: le vérificationnisme issu du Cercle de Vienne et la falsifiabilité de Karl Popper. Le premier stipule qu’un énoncé est scientifique s’il peut être vérifié, critère intéressant mais insatisfaisant aux yeux de l’autrice qui relève son insuffisance à inclure les lois universelles non vérifiables. Cette insuffisance s’explique par la motivation du Cercle de Vienne, qui cherchait avant tout à discréditer la métaphysique en la considérant comme dénuée de sens, plutôt que d’établir une frontière rigoureuse entre science et non-science. Pour illustrer ce point elle prend l’exemple de la loi scientifique universelle: « Tous les corps chutent selon la loi de la gravité », parce qu’elle ne peut pas être vérifiée elle est rejetée du coté de la non-science selon ce critère, ce qui montre la limite de la démarche vérificationniste. Hans Reichenbach approfondit cette réflexion en distinguant le contexte de découverte, qui désigne la manière dont une hypothèse est formulée, du contexte de justification qui concerne les critères permettant d’établir sa validité. Cette distinction souligne qu’une théorie n’est scientifique que si elle répond à des exigences méthodologiques rigoureuses. L’exemple de la médecine illustre cette idée : la découverte empirique d’un effet thérapeutique ne suffit pas à établir sa scientificité, seule une validation par des essais cliniques contrôlés peut certifier le statut scientifique d’un traitement.


Selon Popper, une théorie est scientifique si elle est falsifiable, c’est-à-dire si elle peut être réfutée en principe par l’expérience. Cette approche vise à résoudre le problème de l’induction en remplaçant la vérification par la réfutation comme critère central du progrès scientifique. Cet auteur conçoit la progression scientifique comme un processus d’élimination des théories erronées plutôt que comme une simple accumulation de connaissances vérifiées (selon lui la science s’approche de la vérité sans jamais l’atteindre). Si le critère de falsifiabilité se voit effectivement efficace dans une certaine mesure puisqu’il permet d’exclure certaines pseudo-sciences comme l’astrologie (dont les prédictions sont trop vagues pour être contredites selon lui) et de réduire le problème de l’induction (partir de cas particuliers pour construire une loi générale), il est insuffisant car incapable de prendre en compte les théories scientifiques qui portent sur des modèles abstraits ou probabilistes. Pour illustrer ce point Ruphy prend l’exemple des théories physiques proposant des hypothèses que nous ne pouvons pas encore tester d’un point de vue expérimental (et qui sont donc infalsifiables). À travers l’exploration des critères classiques de démarcation entre science et non-science, Stéphanie Ruphy montre l’insuffisance d’un critère unique: « la quête d’un critère unique de démarcation s’est avérée infructueuse ».


2. Une approche multicritères 


Dans un second temps, l’autrice montre l’avantage d’utiliser une approche multicritères pour pallier aux défauts de l’approche épistémologique classique. Elle présente d’abord les travaux de Sven Ove Hansson, qui identifie plusieurs éléments caractéristiques des pratiques non scientifiques à travers plusieurs critères. Premièrement il y’a la croyance en une autorité incontestable: la science doit être ouverte à la remise en question de ses théories, Ruphy illustre ce point avec l’homéopathie qui s’appuie sur les principes de ses fondateurs plutôt que sur les résultats de l’expérience. Le second critère de Hansson concerne l’acceptation et prise en compte d’expériences non reproductibles, pour être scientifique, il faut que l’hypothèse soit testable dans des conditions identiques et donne des résultats cohérents. L’idée d’absence de reproductibilité est illustrée par la  parapsychologie, où certaines expériences prétendent prouver l’existence d’entités paranormales, mais ces résultats ne sont jamais reproduits de manière fiable en laboratoire. Le troisième critère concerne la mobilisation d’exemples ad hoc et non représentatifs selon laquelle une théorie scientifique doit s’appuyer sur un ensemble de données cohérentes plutôt que sur des cas isolés. Comme dans l’exemple de la mémoire de l’eau dans le domaine homéopathique, où la méthodologie employée ne respectait pas les standards scientifiques. L’absence de contrôle rigoureux a conduit à des résultats biaisés, favorisant artificiellement l’hypothèse testée. Le manque d’objectivité de cette démarche s’oppose à une démarché scientifique rigoureuse ce qui permet de la classer du coté de la non-science. Il y’a également l’absence de démarche de test et le refus de considérer des réfutations qui met en avant l’idée qu’une véritable démarche scientifique doit inclure des protocoles permettant de vérifier si une hypothèse est fausse, c’est-à-dire ne pas ignorer ce qui la réfute. À ce sujet, elle prend l’exemple du créationnisme. En effet, ce dernier rejette systématiquement les preuves en faveur de la biologie évolutive et refuse d’intégrer des éléments allant à l’encontre de son modèle explicatif. Enfin, il y’a le critère du test arrangé, il s’agit d’une expérimentation conçue non pas pour mettre une hypothèse à l’épreuve, mais pour la confirmer artificiellement. On trouve ce procédé en parapsychologie, où les conditions expérimentales sont choisies de manière à produire un effet recherché, rendant ainsi impossible une véritable réfutation.


L’article présente également la tentative de Gilles Gaston Granger de proposer une démarcation orientée sur « l’esprit scientifique » et fondée sur trois principes : la science vise une réalité, la science explique et décrit, et le dernier stipule qu’elle repose sur une demande constante de validation. En d’autres termes, la science cherche à comprendre le monde tel qu’il est, ses objets sont réels et elle se confronte en permanence aux critiques et aux tests. Malgré la variété de ces critères, Ruphy souligne que ces critères sont trop généraux et pourraient inclure certaines disciplines non scientifiques comme le droit ou l’histoire. En effet on peut détailler cet exemple: l’histoire cherche à comprendre le monde tel qu’il est, explique et décrit ce qui a été et repose sur une demande constante de validation, pourtant il semble impossible de la qualifier de science pour autant. À travers cette analyse, l’autrice conclut que l’approche multicritères est aujourd’hui la plus pertinente pour distinguer science et non-science, cette dernière a pour avantage de s’adapter aux spécificités des différentes disciplines tout en évitant les limites des critères uniques.


3. Approches sociologiques de la démarcation 

Dans cette troisième partie, Ruphy aborde la sociologie des sciences pour compléter les critères épistémologiques dans la pensée de la démarcation entre science et non-science. Elle aborde d’abord Robert Merton, ce dernier identifie quatre valeurs fondamentales du monde scientifique : l’universalisme (la vérité scientifique ne dépend pas de celui qui l’énonce, les résultats sont valables pour tous), le communalisme (les découvertes scientifiques sont partagées librement, elles appartiennent à tous), le désintéressement (les chercheurs doivent éviter les intérêts personnels), le scepticisme organisé (toute hypothèse doit être mise à l’épreuve avant d’être acceptée, les scientifiques critiquent leurs théories entre eux). Cette approche présente la science comme une discipline commune, universelle permettant une objectivité particulière qui assure la validité des résultats (tout le monde peut vérifier les résultats, en disposer, tenter de les réfuter…).


Dans un second temps, l’article s’intéresse à l’analyse sociologique de la démarcation entre science et non-science en s’appuyant sur l’analyse de Bourdieu qui présente la science comme un champ social non-neutre, structuré par des luttes de pouvoir entre les agents et les instituions. Chez Bourdieu la science est présentée comme un champ où s’exercent des mécanismes de concurrence et de contrôle, notamment par la reconnaissance par les pairs et l’épreuve des faits. Ce cadre garantit une certaine objectivité des savoirs produits: pousse les chercheurs à se dépasser pour avoir plus de reconnaissance, réduire le poids des point de vue individuels, empêcher les jeux de pouvoir par une forme « d’anonymisation ». L’article de Ruphy souligne que l’institutionnalisation joue un rôle clé dans la démarcation entre science et non-science. Pour illustrer ce point elle prend l’exemple de l’astrologie qui n’est pas reconnue comme une science parce qu’elle n’est pas enseignée dans les universités ni soutenue par des laboratoires de recherche. Elle mentionne également que la démarcation peut être influencée par des contextes nationaux ce qui explique la présence de l’homéopathie dans les cursus médicaux français. L’analyse sociologique des sciences, par Bourdieu comme par Merton met ainsi en évidence le rôle de la démarche scientifique, des structures académiques et des dynamiques de pouvoir dans la définition de la science. Par conséquent, la sociologie nous éclaire sur la nécessité d’une approche plus étendue pour établir la frontière entre science et non-science. 


4. Pluralité des sciences de la démarcation 

Dans cette quatrième partie, Ruphy explore la question de la pluralité des sciences et de ses implications sur la démarcation entre science et non-science. Longtemps, la philosophie des sciences a cherché à établir une vision unifiée de la science par la mise en avant d’un critère unique qui permettrait de tracer une frontière nette. L’évolution des sciences et de leurs pratiques a conduit à remettre en cause cette idée, aujourd’hui les sciences sont diverses, elles reposent sur des approches méthodologiques variées, et il devient difficile d’imposer une seule règle valable pour toutes.  Pour illustrer cette diversité, Ruphy s’appuie sur les travaux de l’historien des sciences Alistair Crombie, qui a identifié six grands styles de pensée scientifique au fil de l’histoire: la postulation mathématique, l’argumentation expérimentale, la modélisation hypothétique, la taxinomie, l’analyse statistique et probabiliste, et la dérivation historique. Par exemple, certaines disciplines, comme la physique théorique, reposent sur la postulation mathématique, où les démonstrations abstraites jouent un rôle central. D’autres, comme la biologie, s’appuient plutôt sur l’argumentation expérimentale, en validant leurs hypothèses à travers des expériences répétées. L’analyse statistique et probabiliste est un pilier des sciences sociales, qui cherchent à dégager des tendances sur de larges ensembles de données. La taxinomie, quant à elle, est essentielle en biologie, où il s’agit de classer les espèces selon des critères précis. En économie, on retrouve souvent le modèle hypothétique, où des scénarios sont construits pour simuler des phénomènes complexes. L’analyse statistique et probabiliste est un pilier des sciences sociales, qui cherchent à dégager des tendances sur de larges ensembles de données. Enfin, certaines disciplines, comme la paléontologie s’appuient sur la dérivation historique, qui vise à reconstruire l’évolution des objets étudiés.  

Stephanie Ruphy cite également Ian Hacking, qui complète cette classification en ajoutant un septième style de raisonnement : le style de laboratoire. Le style de laboratoire est une méthode scientifique fondée sur la manipulation expérimentale d’appareils permettant d’isoler, de reproduire ou de créer des phénomènes dans un environnement contrôlé afin d’en étudier les mécanismes. Ce dernier est fondamental dans des disciplines comme la biologie moléculaire ou la physique expérimentale, où l’on manipule des dispositifs sophistiqués pour isoler, recréer ou tester des phénomènes dans un environnement contrôlé. Cet ajout montre que, même au sein des sciences dures, les méthodologies peuvent être très différentes.  


Face à cette pluralité des approches, Ruphy souligne que chaque discipline construit ses propres critères de validation et ses méthodes d’enquête. C’est pourquoi il est aujourd’hui difficile, voire impossible, de définir un critère universel qui s’appliquerait à toutes les sciences. Pour Hacking, un style de raisonnement scientifique va au-delà de son objet d’étude : il repose sur sa capacité à créer de nouveaux concepts et énoncés, à définir ses propres normes de validation (s’autojustifier) et à stabiliser ses résultats grâce à des techniques éprouvées (s’autostabiliser). En d’autres termes, une discipline scientifique ne se définit pas par une unique méthode, mais par le fait qu’elle parvient à structurer son propre système de preuve et de contrôle. Ruphy insiste aussi sur le fait que cette démarcation n’est pas figée : elle évolue avec le temps. L’exemple de l’alchimie est révélateur : autrefois considérée comme une science, elle a progressivement perdu son statut au profit de la chimie moderne, à mesure que de nouvelles exigences méthodologiques se sont imposées, comme la reproductibilité des expériences. Un autre exemple marquant est celui de la physique théorique : certaines théories y sont acceptées bien avant de pouvoir être testées expérimentalement, car leur validation dépend des avancées technologiques. Cela montre que les critères de scientificité ne sont pas immuables : ils s’adaptent aux contextes et aux disciplines.  


En conclusion, Ruphy défend une approche multicritères et contextualisée de la démarcation. Elle ne rejette pas l’idée d’une frontière entre science et non-science, mais elle estime qu’il est plus pertinent d’analyser les sciences dans leur diversité, à travers plusieurs critères, plutôt que d’imposer un cadre rigide avec un critère unique. Pour qu’une discipline puisse être reconnue comme scientifique, elle doit répondre à trois exigences essentielles : introduire de nouveaux objets et énoncés pouvant être évalués en termes de vérité ou de fausseté, posséder des mécanismes internes de justification, et interagir de manière stabilisée avec le monde matériel. En mettant l’accent sur ces critères, Ruphy propose une vision dynamique et pragmatique de la science, mieux adaptée aux réalités de la recherche contemporaine. À travers son article, Ruphy met en avant les nombreuses approches pour différencier science et non-science tout en montrant comment l’approche multicritères est celle qui permet le mieux de répondre aux exigences contemporaines en proposant une adaptation adaptée à la diversité des sciences.


Conclusion :


L’article de Stéphanie Ruphy permet d’enrichir nos réflexions sur notre rapport aux sciences en interrogeant la manière dont nous définissons la science et ses frontières. À travers cet article, l’autrice montre que la démarcation entre science et non-science ne repose pas sur un critère unique et intemporel, mais sur une combinaison de critères qui évoluent avec le temps et les contextes. L’apport de la sociologie des sciences, particulièrement mis en avant dans l’article, permet de questionner la prétendue objectivité de la science en mettant en lumière l’aspect concret de la science et de la méthode des sciences ce qui peut nous pousser à réfléchir sur le rôle des institutions, les rapports de pouvoir, et sur l’importance de l’époque et des dynamiques sociales dans la production du savoir scientifique. Cette approche critique rejoint les débats épistémologiques sur l’influence des valeurs et des structures sociales dans l’élaboration des connaissances scientifiques. De plus, le cadre de l’article nous fait prendre conscience de l’importance des sciences dans des débats contemporains politiques et sociaux ainsi que de l’impact de la science sur un grand nombre de disciplines (journalisme, droit, éducation…). L’approche développée dans cet article permet ainsi de penser la diversité des sciences sans tomber dans le relativisme tout en maintenant un cadre efficace pour distinguer science et non-science. En définitive, l’article de Ruphy nous pousse à envisager la démarcation entre science et non-science de manière dynamique et évolutive, en prenant en compte les transformations des disciplines et les critères institutionnels qui façonnent la production du savoir. 




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